130 médecins en faveur de la PMA pour toutes

pma«Nous, médecins, avons aidé des couples homosexuels à avoir un enfant, même si la loi l’interdit.» Ils sont ainsi 130 à assumer et déclarent avoir accompagné des couples de lesbiennes et des célibataires dans leur désir de devenir parent(s) en ayant recours à la procréation médicalement assistée (PMA). Une technique à ce jour exclusivement réservée aux couples hétéros.

En première ligne de ce manifeste qui réclame la PMA pour toutes, un coup de pouce aux dons d’ovocytes, et un grand plan contre l’infertilité, René Frydman, célèbre «père» du premier bébé-éprouvette en 1982, Amandine. Lui et ses confrères risquent-ils gros à déballer ainsi leurs coups de pouce dans le dos de la loi ? On imagine mal des poursuites (même si les sanctions en théorie peuvent aller jusqu’à cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende). Mais pourquoi ce subit coming out ?

L’ouverture de la PMA à toutes les femmes quelle que soit leur orientation sexuelle ou leur conjugalité faisait partie des promesses du candidat Hollande… Ecartée de la loi ouvrant le mariage à tous, elle a été balancée comme une patate chaude au Comité national d’éthique depuis janvier 2013 qui prend… son temps. E

«Incohérences»

Interrogée par le journal « Libération » dès sa prise de fonction de ministre de la Famille et droits des femmes, Laurence Rossignol, déclarait le 16 février :«Je n’ai pas de raison de relancer ce dossier.» Avant d’admettre : «Les vociférations de la Manif pour tous ont tout paralysé.» Voilà qui est clair. Ne reste plus qu’à espérer que les 130 médecins et biologistes de la reproduction, qui demandent dans le Monde à ce que le gouvernement mette «fin aux incohérences de la politique d’aide à la procréation», soient entendus sur leurs autres revendications. Soit un vrai encouragement aux dons d’ovocytes (la pénurie est criante), la possibilité pour les femmes de pratiquer l’autoconservation de leurs gamètes («le principe d’une interdiction ne nous semble pas fondé», écrivent les médecins dans le Monde), tout en en informant les femmes sur l’effet inexorable de l’âge.

Enfin, les signataires demandent de pouvoir procéder (dans un fort encadrement) à une analyse génétique des embryons avant leur implantation pour dépister d’éventuelles maladies graves. Ce qu’ils ne peuvent pas faire, alors qu’une femme enceinte peut bénéficier d’un dépistage anténatal. Au final, c’est toute la loi sur la procréation médicale assistée qu’il faudrait revoir. La dernière loi de bioéthique remonte à 2011. Elle devait normalement être revue cinq ans plus tard… Ce ne serait pas cette année par hasard ?

Source : Libération

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